Une petite entité balkanique à deux grands bassins constitue jusqu’à présent un défi politique pour ses relations complexes avec la Serbie. Habité depuis le XXe siècle à majorité absolue par la population albanophone, le Kosovo est de fait indépendant depuis 2008 même si un différend politico-juridique international l’empêche toujours d’être admis à l’ONU. Pour les Kosovars albanophones le Kosovo est censé être leur terre ancestrale depuis l’époque des Illyriens, alors que les Serbes le considèrent comme étant « terre sacrée » car les plus grands et somptueux des monastères orthodoxes des Balkans, fondés par les rois et la noblesse serbes médiévaux y sont situés. C’est sur ces terres qu’eut lieu, en 1389, la fameuse bataille du “Champs des Merles” (Kosovo polje en serbe), qui opposa aux Ottomans envahissant une large coalition des seigneurs chrétiens (Serbes, Albanais, Croates, Bosniens…) sous le commandement du prince serbe Lazar. Pour avoir péri en martyr en combattant pour la foi, Lazar fut immortalisé à jamais par la littérature épique, faisant de lui héros principal du « mythe du Kosovo » chez les Serbes. S’ensuivit une longue période de domination ottomane (1455-1912), ce qui favorisa l’islamisation de la région, spécifiquement des Albanais. Ces derniers ont pourtant gardé leur langue qui n’est apparentée à aucun des groupes linguistiques déjà constitués ainsi qu’une belle tradition ancrée, imprégnée des éléments de la civilisation ottomane, que l’on peut découvrir notamment en visitant des milieux ruraux respectueux d’une morale collective d’antan mais aussi certaines des villles-musées comme Prizren.

* Cette désignation est sans préjudice des positions sur le statut, est conforme à la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies et est à l’avis de la CIJ sur la déclaration d’indépendance du Kosovo.